Aujourd’hui, la société civile et la communauté internationale devrait s’unir pour relever le grand défit au tour de ce procès : la médiatisation ce procès historique auprès de toutes les populations congolaises et plus particulièrement celles ayant été victimes de la barbarie et criminalité structurée et planifiée des groupes et forces armés en République Démocratique du Congo.
Sur le terrain ce procès court le grand risque d’être interprété à tord ou à raison par différentes personnalités qui y voient une occasion de désinformer la population vulnérable qui n’arrive pas à accéder à la vraie information. Déjà, certaines personnes à Goma et à Bukavu commençaient à soutenir que le Bureau du Procureur de la CPI n’a plus des témoins et que dans un futur proche Thomas LUBANGA sera relâché.
Analysant ces déclarations, le Point Focal Sud-Kivu de la Coalition Nationale pour la CPI que coordonne ACADHOSHA asbl a convoqué rapidement, ce mardi 10 février 2009 à son bureau, les organisations nationales et internationales qui luttent contre l’impunité dans la province du Sud-Kivu. A l’occasion, elles ont échangé sur le niveau de médiatisation du premier procès LUBANGA qui a commencé devant la CPI.
Après un tour de table, elles ont affirmé que la section d’information publique et de sensibilisation de la CPI devrait quadrupler les efforts pour que les justiciables et les justiciers de la CPI accèdent véritablement à l’information sur ce procès très attendu.
Les organisations ont, à titre toujours de recommandations, ont souhaité que la CPI, via la même section, disponibilise les audiences dans les DVD ou CD pour permettre aux organisations comme la Coalition Nationale pour la CPI de les projeter devant les opérateurs judiciaires qui doivent aussi s’inspirer de la façon dont les audiences se déroulent à la CPI.
Ils ont aussi recommandé que la CPI (Section d’information publique) disponibilise toutes les décisions qui ont déjà été rendues dans le procès Lubanga pour que les magistrats, avocat, étudiants, chercheurs congolais les exploitent et s’en inspirent parfois. Les participants à cette réunion ont pensé aussi qu’il faudrait continuer la sensibilisation sur le terrain qui est très insignifiante à part les actions non permanentes des ONGs telle que la CN-CPI. Au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et à Kisangani par exemple, plusieurs personnes (victimes et témoins) n’ont pas accès à l’information sur cette juridiction et son travail. Il faut que les émissions sur la CPI soient animées dans les médias ruraux qui sont de proximité effectivement de proximité. Les participants ont tout de même reconnu que le Fied office, via la coordination de la sensibilisation et de l’information envoie des résumés des audiences aux seules organisations dont il a l’adresse, mais il faudra aussi dire que la RADIO Okapi essaye de faire de son mieux pour informer le citoyen congolais sur ce procès.
Dans le divers, les participants ont été informés de l’existence du blog de la Coalition pour la CPI où ils peuvent réagir sur la manière dont les procès se déroule à la CPI: www.iccnow.org/blog et envoyer les différentes réactions des victimes et paysans congolais. Il faudrait aussi encourager ces genres d’évaluation sur le niveau de sensibilisation dans d’autres provinces de la RDC.
En conclusion, nous pensons que le travail reste à faire sur le terrain et la CPI d’elle-même ne saura pas atteindre tous ceux qui ont soif d’être informés du jour le jour sur ce procès qui soulagent les victimes et surtout les enfants. La médiatisation de ce procès aiderait à prévenir les crimes futurs et à bien maîtriser la mission et le fonctionnement de cette nouvelle juridiction internationale qui est venu mettre fin à l’impunité des grands criminels.
Descartes MPONGE MALASI
Secrétaire Exécutif de ACADHOSHA asbl
Coordonnateur du Point Focal Sud-Kivu de la Coalition RDC pour la CPI.


















