Coalition for the International Criminal Court
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21 décembre 2009

La Cour pénale internationale doit demeurer un véritable tribunal de dernier recours pour la RDC!

Par Prince Albert Kumwanba

La Cour pénale Internationale (CPI) est par essence un tribunal complémentaire aux tribunaux nationaux d’un Etat partie. Elle n’est saisie qu’en cas de manque de volonté de la part de l’Etat concerné ou lorsque celui-ci est dans l’incapacité de mener véritablement à bien l’enquête ou les poursuites (Art. 17(1) (a et b) du Statut de Rome).

La République démocratique du Congo se trouve dans l’hypothèse de l’art. 17 (1) (a et b), c’est-à-dire qu’elle est dans l’incapacité de mener véritablement à bien l’enquête ou les poursuites contre les auteurs présumés coupables des crimes de guerre, contre l’humanité ou de génocide. C’est ainsi que la RDC avait déféré au Procureur sa situation dans laquelle un ou plusieurs des crimes relevant de la compétence de la Cour paraissaient avoir été commis, et priait à celui-ci d’enquêter sur cette situation en vue de déterminer si une ou plusieurs personnes identifiées devraient être accusées de ces crimes.

Dans ce cas, la CPI ne juge que les chefs militaires et autres supérieurs hiérarchiques (Art. 28 (a et b)). Cela ne veut nullement dire que les autres préposés placés sous leur commandement ou leur contrôle effectif et qui ont pris part à la commission des crimes de guerre, crimes contre l’humanité ou crime de génocide comme co-auteurs ou complices, sont par ce fait innocentés ou qu’ils ne doivent pas être poursuivis pour qu’ils répondent de leurs actes ! C’est ici qu’intervient la responsabilité de l’Etat partie au Statut de Rome de la Cour pénale internationale. Il doit prendre toutes les dispositions pour que ces personnes présumées coupables soient efficacement poursuivies à l’instar de leurs chefs hiérarchiques jugés par la CPI.

La RDC qui, à ce jour est la plus grande bénéficiaire de l’action de la CPI (sur l’ensemble des affaires dont la Cour est saisie, la RDC en a trois à savoir l’affaire le Procureur c/Thomas Lubanga Dyilo, l’affaire Procureur c/Bosco Ntaganda et l’affaire le Procureur c/ Germain Katanga et Mathieu Ngudjolo Chui), ne montre pas, outre mesure, sa ferme volonté de lutter contre l’impunité des crimes graves sur l’ensemble de son territoire, bien que les autorités gouvernementales prétendent que la RDC est le seul pays africain qui coopère avec la CPI. En fait ceci n’est pas une faveur faite à la Cour.

L’armée, la police nationale congolaise et toutes les institutions de l’Etat regorgent de nombreuses personnes militaires et civiles sur qui pèsent des très sérieux soupçons d’avoir commis des crimes internationaux soit aux côtés de ceux qui comparaissent à ce jour devant la Cour.

Le cas de Bosco NTAGANDA que le gouvernement de la RDC ne veut pas remettre à la CPI au nom de la « consolidation de la paix » alors qu’un mandat de la CPI contre celui-ci a été délivré, cela est un signe qui met également en doute la ferme volonté de la RDC de lutter contre l’impunité des crimes internationaux. La paix véritable et durable est le fruit de la justice et donc, elle passe par la lutte contre l’impunité c’est-à-dire la punition des auteurs de crimes et la réparation des préjudices subis par les victimes, penser autrement c’est se tromper !

L’harmonisation entre le Droit national et le Statut de Rome de la Cour pénale internationale confirme le principe de complémentarité inscrit dans le Statut de la CPI. L’intégration des crimes de la compétence de la Cour dans le Droit national permet à la CPI d’être un véritable Tribunal de dernier recours et de surcroit, atteste la volonté de l’Etat de poursuivre efficacement les auteurs présumés de crimes de la compétence de la Cour sur l’ensemble de son territoire. C’est ici qu’il convient de rappeler que le Gouvernement de la RDC n’a toujours pas adopté et promulgué la loi de mise en œuvre du Statut de la CPI afin de garantir des poursuites efficaces de tels crimes au niveau national.

Somme toute, la RDC qui a déjà fait preuve de sa détermination à mettre un terme à l’impunité des crimes graves en déférant quatre de ses ressortissants à la Cour, devrait mieux faire de poursuivre les criminels restés sous sa juridiction et concourir ainsi à la prévention de nouveaux crimes. L’harmonisation entre le Droit positif congolais et le Statut de Rome de la Cour pénale internationale est un préalable.

La RDC devra même aller plus loin avec cette « volonté » de lutte contre l’impunité des crimes graves, en instaurant le principe de la compétence universelle à l’instar d’autres Etats parties tels que la Belgique, l’Allemagne, l’Australie, le Sénégal et le Royaume Uni, ainsi permettre aux Tribunaux congolais de poursuivre les auteurs de crimes internationaux quel que soit l’endroit où ils ont été commis dans le monde.

Prince Albert Kumwanba N’Sapu est chercheur au sein de l’ONG congolaise Action Contre l’Impunité pour les Droits Humains (ACIDH/RDC)

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17 décembre 2009

La Guinée dans la ligne de mire de la CPI?

Par Adelaide Blot

La Guinée, après la mort de son Président Lansana Conté, a connu en décembre 2008 un coup d’Etat mené par Moussa Dadis Camara, chef de la junte guinéenne. Une fois arrivé au pouvoir, celui-ci a promis qu’au terme de la transition il ne chercherait pas à se porter candidat à l’élection présidentielle de janvier 2010. En septembre dernier, Dadis Camara a cependant décidé d’annoncer sa candidature.

Le 28 septembre 2009, à l’occasion de la journée de l’indépendance, des militants de l’opposition guinéenne ont réagi à cette annonce en organisant une manifestation dans un stade de Conakry, la capitale du pays, qui fut rapidement dispersée par des militaires qui auraient tiré sur la foule. Selon Thierno Maadjou Sow, Président de l’Organisation guinéenne des droits de l’homme (OGDH), cette répression militaire aurait donné lieu à « 157 morts et 1 253 blessés » ainsi qu’aux viols d’un grand nombre de femmes.

La communauté internationale a dans sa grande majorité condamné la junte militaire de Dadis Camara pour les crimes allégués, ce à quoi le chef de l’État a objecté qu’il ne contrôlait pas l’armée guinéenne.

Le 14 octobre 2009, le Procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a assuré que la situation en Guinée, et notamment la répression de la manifestation du 28 septembre 2009, faisait l’objet d’un examen préliminaire.

Selon Fatou Bensouda, Procureur adjoint de la CPI, le Bureau du Procureur disposerait d’éléments indiquant que des viols auraient été commis. « Des informations que nous avons reçues, des images que j’ai vues, il apparaît que des femmes ont été violées ou en tout cas brutalisées sur la pelouse du stade de Conakry, apparemment par des hommes en uniforme qui ont même utilisé leur arme » a-t-elle déclaré.

Aymeric Rogier, enquêteur à la CPI rappelle qu’à ce stade, l’examen de la situation en Guinée n’est pas encore au stade de l’enquête. « Il s’agit de la phase préalable au cours de laquelle nous recueillons, nous évaluons, nous analysons les informations, notamment pour déterminer si les abus qui ont été commis peuvent constituer des crimes relevant de la compétence de CPI,» explique-t-il.

La Guinée n’est pas la seule situation en phase d’examen préliminaire par le Bureau du Procureur (BdP). En plus des quatre situations actuellement en cours d’enquête par la CPI, le BdP analyserait des informations concernant au moins neuf situations sur quatre continents.

Il reste donc à voir si effectivement la CPI cherchera à poursuivre ou non les plus hauts responsables des crimes allégués et si la Guinée démontrera la volonté et la capacité de poursuivre les auteurs potentiels au niveau national. Selon la Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme (RADDHO), une ONG membre de la Coalition pour la Cour Pénale Internationale (CCPI), la CPI serait « la seule juridiction en mesure d’enquêter et de juger les crimes contre l’humanité commis en Guinée Conakry de façon récurrente face à des autorités et à des institutions judiciaires défaillantes. » Il est en tous cas essentiel que les responsables allégués répondent de leurs actes - que ce soit devant la CPI ou non.

Adélaïde Blot est étudiante en quatrième année en traduction à l’ISIT (Institut de Management et Communication interculturels) à Paris.

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8 décembre 2009

Le chef de guerre congolais Thomas Lubanga ne sera pas poursuivi pour violences sexuelles

Par In Situ

La Cour Pénale Internationale (CPI) a rendu un jugement en appel cet après-midi, excluant de faite les crimes d’esclavage sexuel et de traitement inhumain dans le procès en cours du leader rebelle Thomas Lubanga, originaire d’Ituri, en République Démocratique du Congo (RDC).

Crédit: ICC-CPI

Crédit: ICC-CPI

Thomas Lubanga est entendu devant la Cour de La Haye pour avoir recruté puis utilisé des enfants âgés de moins de 15 ans comme soldats au sein du groupe rebelle UPC, au cours du conflit s’étant déroulé au Nord Est de la RDC en 2002-3. Pourtant, c’est un fait connu que les filles étaient recrutées par les groupes rebelles, et notamment l’UPC, en tant que soldats mais aussi en tant qu’esclaves sexuels ou « épouses». « Elles ont le fardeau supplémentaire de cuisiner, de nettoyer et d’être objet sexuel en plus d’être soldat » a clarifié un des témoins au cours du procès.

Des filles âgées d’à peine 11 ans ont étés kidnappées, emmenées dans les camps et distribuées aux commandants qui abusaient d’elles systématiquement et brutalement. « Elles tombaient enceintes des commandants et elles devaient alors quitter le camp et rentrer au village » a expliqué un autre témoin. Les filles victimes ont témoigné en session close du fait de leur extrême fragilité.

A travers la procédure innovante de la CPI, ayant permis a 97 ancien enfants soldats d’être représentés devant la Cour, les avocats des victimes ont transmis une demande afin que l’esclavage sexuel et le traitement inhumain soient reconnus dans le procès en cours. Ceci aiderait à briser le silence concernant l’usage de filles par les groupes rebelles et permettrait également aux filles de bénéficier de réparations pouvant être accordées par la Cour et le Fonds au Profit des Victimes dans le cas d’une condamnation. Si le procès concerne l’utilisation active d’enfants dans le conflit, alors il doit prendre en compte l’expérience des filles. C’est très dommage que le Procureur ait échoué à inclure les charges de violences sexuelles dès le début. Néanmoins, il devrait y avoir un moyen de modifier l’étendue des poursuites si les faits sont révélés au cours du procès, comme c’est le cas en l’espèce.

Par Mariana Goetz
Conseillère de programme, REDRESS

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3 décembre 2009

Pas de liberté provisoire pour Bemba : Soulagement des victimes centrafricaines

Par Sebastien Mboutou

Le 2 décembre 2009, la Chambre d’appel de la Cour pénale internationale a décidé d’annuler la décision de la Chambre préliminaire II de mettre en liberté provisoire Jean-Pierre Bemba. Il y a lieu de rappeler que la Chambre préliminaire avait estimé qu’à la vue de « l’évolution sensible des circonstances », Jean-Pierre Bemba pouvait être mis en liberté provisoire sous condition.

Crédit:ICC-CPI

Crédit:ICC-CPI

La logique veut que les conditions de mise en liberté provisoire soient d’abord fixées avant même de statuer sur une telle possibilité. L’une de ces conditions comprenait la volonté et la disponibilité d’un Etat partie désigné à le recevoir sur son territoire. Toutefois, la Chambre d’appel à souligner un manque de coopération de la part des États en question. Les conditions n’étant pas remplies, cette mise en liberté provisoire ne pouvait donc tout simplement pas être exécutée.

La nouvelle, qui s’est rapidement propagée en République centrafricaine, a eu un effet de soulagement pour les nombreuses victimes visées par l’affaire Bemba. Les organisations de défense des droits de l’homme avaient en effet fait part de leurs inquiétudes quant à une possible mise en liberté provisoire de Jean-Pierre Bemba. La préoccupation première était la sécurité, non seulement des victimes elles-mêmes, mais également de tous ceux qui les assistent (représentants légaux, intermédiaires…).

Cette récente décision de la CPI n’a fait que renforcer l’espoir des victimes de voir justice faite. Elles attendent impatiemment l’ouverture du procès Bemba en avril 2010.

Sébastien Mboutou, Lead Centrafrique
Membre de la Coalition centrafricaine pour la CPI

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