La Journée internationale contre l’utilisation des enfants soldats est une commémoration spéciale permettant de souligner le sort que subissent les enfants forcés de rejoindre les forces et groupes armés pour devenir enfants soldats. Le procès de la Cour pénale internationale contre Thomas Lubanga est le procès phare mettant en lumière ce drame. Thomas Lubanga, seigneur de guerre congolais, est en effet accusé d’avoir utilisé des enfants de moins de quinze pour particper au conflit d’Ituri de 2002 à 2003.
Un an après son ouverture, l’impact du procès Lubanga se fait réellement sentir en République démocratique du Congo (RDC). Les groupes armés, par exemple, qui sévissent encore à l’est de la RDC sont devenus hésitants à recruter les enfants dans leur rang. Mais beaucoup reste encore à faire pour éradiquer totalement ce phénomène qui s’est engrainé notre pays depuis 1997 avec le recrutement des premiers enfants soldats, appelés “kadogo”, dans le rang de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL).
A Bunia, Mahagi et à Ndrele ou j’ai dernièrement été en contact avec des anciens enfants soldats, ces derniers qui jadis, se sentaient rejetés pour les actes ignobles commis sous le coup de la drogue, manifestent aujourd’hui à travers l’intervention de la Cour pénale internationale, la joie d’être considérés en tant que victimes. Ils espèrent dans un sens récupérer leur enfance perdue à travers une réparation digne. Toutefois, beaucoup d’autres qui n’ont pas été admis, notamment des filles mineurs utilisées comme esclaves sexuels, se sentent abandonnées et crient à l’élargissement des charges contre Thomas Lubanga Dyilo.
La Cour pénale internationale devrait prendre en compte ces « laissés pour compte » et relever le défi de la lenteur dans la procédure si elle veut contribuer efficacement à la lutte contre le phénomène “enfants soldats” et à la lutte contre l’impunité en général au Congo.
Yuma Malaika Gracia, chargée du Programme Femmes et Enfants pour l’ONG congolaise Ligue pour la Paix et les Droits de l’Homme (LIPADHO)


















