100 jours pour que la France cesse d’être une terre d’accueil pour criminels contre l’humanité
A moins de 100 jours de la conférence de Kampala en Ouganda, qui fera le bilan des premières années de fonctionnement de la Cour pénale internationale (CPI), Amnesty International France a lancé une campagne nationale afin que la France adapte dans les plus brefs délais son droit au Statut de la CPI. La France a 10 ans de retard. Depuis juin 2000, le gouvernement français doit faire voter par le Parlement un projet de loi d’adaptation du droit interne au Statut de Rome indispensable à la mise en œuvre pleine et entière de ce dernier. Tardivement déposé en juillet 2006, voté par le Sénat en juin 2008 dans des termes qui le vident de son contenu, le projet n’a jamais été inscrit à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale. « La majorité des pays européens ont déjà harmonisé leur législation. Les autorités françaises doivent prendre leurs responsabilités et ouvrir le débat à l’Assemblée nationale avant la Conférence de Kampala » déclare Geneviève Garrigos, Présidente d’Amnesty International France. Quand l’ONU a créé les deux tribunaux internationaux pour l’ex-Yougoslavie et le Rwanda, la France s’est dotée de lois permettant de poursuivre les responsables des crimes odieux perpétrés dans ces pays s’ils étaient trouvés en France. Mais depuis la création de la CPI elle n’a toujours pas voté la loi qui instituerait le même mécanisme pour les criminels provenant du reste du monde. Aussi Amnesty International France va-t-elle se mobiliser durant les 100 prochains jours auprès des députés pour qu’enfin le projet de loi soit inscrit à l’ordre du jour.
Aymeric Elluin est Coordonateur de Campagne à Amnesty International France.


















