#GlobalJustice hebdo : Les Rohingya ont besoin de justice | Les réfugiés ciblés en Libye | Allégations envers Ocampo

Des migrants récupérant après avoir été secourus sur le rivage à Tripoli, en Libye, 2016 © Nouvelle Europe
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Les abus envers les Rohingya au Myanmar pourraient constituer des crimes contre l’humanité alertent des experts de l’ONU

Le Comité des Nations-Unies pour l’élimination des discriminations à l’égard des femmes et le Comité des droits de l’enfant ont demandé aux autorités de Myanmar de stopper immédiatement les violences au nord dans l’Etat de Rakhine, d’enquêter rapidement et efficacement, et de poursuivre avec fermeté les cas de violence à l’égard des femmes et des enfants.

« Nous somme particulièrement préoccupés par le sort des femmes et des enfants Rohingya victimes de graves violations de leurs droits humains, incluant des meurtres, des viols et des déplacements forcés » ont déclaré les experts dans un communiqué publié le 2 octobre dernier. « De telles violations peuvent constituer des crimes contre l’humanité et nous sommes profondément préoccupés par l’échec des Etats à mettre fin à ces choquantes violations des droits de l’homme commises à la demande de l’armée et des forces de sécurité, et dont les femmes et les enfants continuent à endurer et payer le lourd tribu ».

Plus d’un demi-million de Rohingya ont fui depuis la répression militaire au Myanmar lancée fin août dans l’Etat de Rakhine, et dénoncée par les Nations-Unies comme une épuration ethnique. Fuyant les violences, ils arrivent au Bangladesh avec des témoignages sur d’horribles violations des droits de l’homme, plaies de balles et des marques de violences sexuelles.

Dans une récente publication sur son site web, l’ONG ND-Birmanie a estimé que « la seule façon d’enrayer ce cycle de violence est de rendre justice aux nombreuses victimes de ces violations en Birmanie. Ceux qui ont commis de graves violations des droits de l’homme doivent être tenus responsables et les victimes doivent pouvoir recevoir le soutien dont elles ont besoin pour reconstruire leur vie ».

Le Bangladesh et le Myanmar ont convenu lundi pour travailler sur un plan de rapatriement. Les musulmans Rohingya au Bangladesh ont émis des doutes quant aux chances de pouvoir retourner chez eux.

 

L’impunité règne quand les migrants sont pris pour cible en Libye

Au moins cinq civils ont été tués et douze autres ont été blessés lors de combats récents dans le centre de trafic de migrants libyens de Sabratha, ont annoncé lundi les Nations-Unies.

L’ONU a lancé l'alerte par rapport au fait que les gouvernements rivaux et les milices armées en Libye violent les lois humanitaires internationales et que leurs actions abusives menacent la stabilité du pays. Le Conseil de l’ONU pour les droits de l’homme examine actuellement un rapport sur la situation.

Amnesty International a demandé au Conseil des droits de l’homme d’envisager la création d’une expertise indépendante en Libye pour surveiller et informer sur la situation des droits de l’homme en déclarant : « L'impasse politique et la lutte de pouvoir en Libye ont généré une situation dans laquelle les groupes armés et les milices sont davantage susceptibles de commettre des violations graves des droits et des atteintes à l'impunité totale ».

L’hôpital de l’université de Sabaratha a été par deux fois frappé par des bombardements, rendant les unités d’urgences et de chirurgie inutilisables. Sabratha était le point de départ le plus fréquent des migrants cherchant à atteindre l’Italie depuis la Libye, jusqu’à une baisse soudaine des passages en juillet dernier.

Le ministère de la Santé, à Tripoli, a déclaré vendredi que, au total, au moins 26 personnes avaient été tuées et 170 autres blessées dans près de deux semaines de combats. Au cours du dernier mois, la Mission de soutien de l’ONU en Libye a documenté 35 pertes civiles lors de la conduite d’hostilités en Libye.

 

Les allégations d’Ocampo

Le réseau European Investigative Collaborations (EIC) a allégué cette semaine, que l’ancien procureur de la CPI, Luis Moreno Ocampo, avait conseillé le milliardaire du pétrole libyen Hassan Tatanaki en 2015, pour qu’il évite les poursuites de la CPI. Tatanaki aurait été un proche associé de Khalifa Haftar, chef de l’Armée nationale libyenne.

Ocampo, qui a quitté le bureau de la CPI en 2012, nie tout conflit de pouvoir. Dans un communiqué, il affirme que ses communications ont été piratées et qu’il s’agit d’un rapport fallacieux.

Entre temps, l’actuel procureur de la CPI, Fatou Bensouda, a déclaré que son bureau examinerait les allégations sérieuses impliquant le personnel actuel de la CPI qui aurait coopéré avec Ocampo de manière à constituer « une violation du devoir ».

Le directeur de Human Rights, Watch Kenneth Roth, a réagi à ces allégations auprès du quotidien néerlandais NRC.

Les secrets de la Cour, projet d'enquête du réseau European Investigative Collaborations, indique qu'il va publier une série d’articles basés sur plus de 40 000 documents, rapports financiers, télégrammes diplomatiques et correspondances, vérifiés avec des sources publiques. Les documents ont été obtenus par Mediapart (France) et partagés avec le réseau EIC.

 

Les enquêtes de la CPI

Géorgie : Le greffier de la CPI Herman von Hebel s’est rendu à Tbilissi cette semaine dans le cadre d’une enquête en cours pour des crimes relevant de la compétence de la CPI, qui auraient été commis durant la guerre Russo-géorgienne en 2008. Il a informé les médias locaux qu'un bureau de la CPI devrait ouvrir à Tbilissi en janvier 2018.

Mali : Les inspecteurs de la sécurité néerlandaise ont pointé mercredi les « graves lacunes » qui ont entraîné la mort de deux soldats néerlandais servant au Mali pour l’ONU l’année dernière. La mission au Mali vient d’être prolongée jusqu’en 2018.

Ouganda : l’archevêque de Gulu, ainsi que le président de la Conférence épiscopale d’Ouganda John-Baptist Odama, se sont excusés auprès de la RCA et de la RDC pour les souffrances et les atrocités causées par le seigneur de guerre Joseph Kony. « Je pense que l’Ouganda doit faire des excuses et que nous avons besoin de réconciliation », a-t-il déclaré.

RCA : le Conseil de sécurité de l’ONU envisage une augmentation des troupes pour aider à la protection de ses mandats civils. Le dernier rapport d'étape du Secrétaire général note que six violations graves sont attestées, bien que le gouvernement ait récemment ratifié le Protocole facultatif concernant l’implication des enfants dans les conflits armés.

 

Les enquêtes préliminaires

Nigéria : Le premier rapport du secrétariat général de l’ONU sur les enfants dans les conflits armés a été officiellement présenté au Groupe de travail et ses conclusions sont en cours.

 

Campagne pour une justice mondiale

Le gouvernement du Royaume-Uni a annoncé une contribution de £250,000 pour le Fonds de soutien des victimes afin de fournir une aide aux victimes de crimes contre l’humanité et crimes de guerre.

Les efforts déployés pour traduire les responsables des atrocités en Syrie devant les tribunaux européens ont commencé à porter leurs fruits. La Suède et l’Allemagne sont les deux premiers pays qui ont poursuivi et condamné des personnes pour ces crimes.

Les mères tenaces et leurs manifestations hebdomadaires, l’un des mouvements les plus symboliques contre la dictature en Argentine, a abouti à une manifestation massive au nom de la mémoire, de la vérité et de la justice.

 

Autour du monde

Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a conclu sa 36e session à Genève en adoptant 33 résolutions portant sur de multiples situations relatives aux droits de l’homme au Yemen, au Burundi, à Myanmar, en Syrie, en RDC, en RCA, au Soudan, en Somalie et au Cambodge.

Le Centre européen pour les droits constitutionnels a déclaré que les expulsions menées par l’Espagne hors des frontières européenne violaient la Convention européenne des droits de l’homme. Les autorités espagnoles auraient expulsé illégalement des réfugiés vers la frontière avec le Maroc.

Le procès du libérien Mohammed Jabbateh, surnommé Jungle Jabbah, a commencé lundi 2 octobre à Philadelphie. Jabbateh est accusé de fournir de fausses informations aux autorités d'immigration des États-Unis, et d’actes qu’il aurait commis comprenant le meurtre, l’asservissement sexuel, la torture et l’enrôlement d'enfants soldats.