#Justice Globale Hebdo : Les appels au renvoi à la CPI s’accentuent à mesure que la crise des Rohingya s’aggrave

Les réfugiés Rohingya font la queue pour recevoir de l'aide à Cox's Bazar, Bangladesh 2017 © VOA
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Les appels au renvoi à la CPI s’accentuent à mesure que la crise des Rohingya s’aggrave

Le Conseil de sécurité des Nations Unies devrait renvoyer la situation en Birmanie devant la Cour pénale internationale (CPI) en raison de l'incapacité de la Birmanie à enquêter sur les atrocités commises contre les Rohingyas, a déclaré Human Rights Watch cette semaine en publiant un nouveau document de questions-reponses.

Les autorités birmanes n'ont pas enquêté de manière crédible sur les opérations des forces de sécurité depuis fin août 2017 qui ont provoqué des incendies, des meurtres, des viols et des pillages, détruisant des centaines de villages et forçant plus de 600 000 Rohingyas à fuir vers le Bangladesh voisin, selon Human Right Watch, dont les recherches sur le terrain ont révélé que les abus militaires birmans constituent des crimes contre l'humanité.

« La justice est désespérément nécessaire pour la population Rohingya visée par la campagne de nettoyage ethnique de l'armée birmane », a déclaré Param-Preet Singh, directrice adjointe du programme justice internationale. « Le Conseil de sécurité de l'ONU devrait renvoyer la situation en Birmanie à la CPI, qui a été créée précisément pour répondre aux situations dans lesquelles des crimes graves ont été commis sans qu’il n’y ait de poursuites. »

Le groupe a également appelé les pays membres des Nations Unies à poursuivre les processus de collecte de preuves criminelles pour faire avancer les poursuites devant la CPI et d'autres tribunaux.

ND-Myanmar a encore critiqué le gouvernement de la Birmanie pour ses violations continues des droits, déclarant : « Le gouvernement a entamé le mois [d'octobre] en suggérant que plus d'un demi-million de musulmans qui ont fui l'Etat du Nord Rakhine l'ont fait afin d’induire en erreur la communauté internationale ». Cette semaine, le Conseil de sécurité des Nations Unies a intensifié sa pression sur la Birmanie pour qu'il mette un terme à sa campagne militaire dans l'Etat de Rakhine, appelant le gouvernement à « empêcher toute utilisation excessive de la force militaire dans l'Etat de Rakhine ». La déclaration comprenait la plupart des demandes contenues dans un projet de résolution présenté le mois dernier par la Grande-Bretagne et la France, mais s'est heurté à une forte opposition de la part de la Chine.

« A l'avenir, les membres du Conseil doivent décider s’ils continueront d’être pris en otage par les objections de la Chine ou s’ils seront plutôt motivés par les besoins des victimes et les réalités sur le terrain », a déclaré Akshaya Kumar, directrice adjointe de Human Rights Watch auprès de l’ONU.

Bien que le Bangladesh accepte les réfugiés Rohingya, Omar Waraich, directeur adjoint d'Amnesty International en Asie du Sud, a exprimé son inquiétude quant à l'avenir de la situation : « Les Bangladais sont très conscients que la crise humanitaire a renforcé leur prestige à l'étranger. Toutefois, on ne sait pas comment les habitants de ce pays densément peuplé répondront aux défis de cette crise ... Il n'y a aucun signe montrant que les réfugiés seront en mesure de retourner chez eux de sitôt, et il n'y a aucun plan pour répondre à leurs besoins sur le long terme ». Le gouvernement américain a déclaré qu'il surveillerait son régime de sanctions pour répondre aux violences commises en Birmanie, alors qu'une équipe du ministère britannique des Affaires étrangères spécialisée dans la collecte de preuves de violences sexuelles dans les zones de conflit n'a pas encore été déployée dans les camps de réfugiés du Myanmar.

 

Enquêtes de la CPI

Ouganda : International Justice Monitor a publié une étude détaillant les raisons pour lesquelles de nombreux membres de la communauté dans le nord de l'Ouganda ne suivent pas le procès de Dominic Ongwen. Un témoin dans son procès vient de nommer les principaux commandants de la LRA qui ont planifié l'attaque de Pajule.

RDC : Les troupes congolaises ont affronté les fidèles d'un colonel renégat à Bukavu. Les affrontements auraient commencé après que la police est venue pour désarmer le colonel Abbas Kayonga, qui a été limogé jeudi de son poste.

RCA : L'ONU a informé le Conseil de sécurité que les dirigeants de la République centrafricaine avaient besoin d'une action décisive en partenariat avec la communauté internationale pour inverser une nouvelle spirale de violences qui a interrompu les progrès de la transition politique.

 

Examens préliminaires

Nigeria : Le Niger Delta Avengers a annoncé la fin immédiate de son cessez-le-feu avec le gouvernement nigérian, déclarant que l'administration Buhari n'a pas été sincère avec ses pourparlers de paix et ses promesses pour le delta du Niger.

Irak : L'ONU a exhorté l'Irak à modifier la législation afin d’introduire les dispositions sur la CPI, un rapport de l'ONU ayant conclu que l'Etat islamique a perpétré des violations graves et systématiques constituant des crimes internationaux pendant la campagne militaire de neuf mois visant à libérer Mossoul.

 

Campagne pour la justice mondiale

Le Procureur de la CPI, Fatou Bensouda, et l'UNESCO ont signé lundi une lettre d'intention pour renforcer la coopération sur la protection du patrimoine culturel. La signature de la lettre d'intention a eu lieu lors d'un panel sur «

Répondre au nettoyage culturel, prévenir l'extrémisme violent » au siège de l'UNESCO. Le Président Ian Khama du Botswana a réitéré son fort soutien à la CPI alors qu'il se prépare pour la fin de son mandat et la transition au mandat du vice-président Mokgweetsi E.K. Masisi.

 

Autour du monde

Human Rights Watch a déclaré que la frappe de missiles balistiques par les forces de Houthi-Saleh au Yémen sur le principal aéroport international de Riyad le 4 novembre est probablement un crime de guerre.

De nouvelles plaintes pénales ont été déposées auprès du Bureau du procureur fédéral allemand par des survivants de la torture syriens. Les plaintes, soumises par 13 femmes et hommes syriens, concernent des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre.