Simone Veil et la lutte pour les droits des victimes à la CPI

La Ministre française de la Santé, Simone Veil, s'adresse à l'Assemblée Nationale française, le 26 novembre 1974
Simone Veil, femme politique française et survivante de l'Holocauste, a contribué à la justice mondiale à travers son rôle au sein du Fonds au Profit des Victimes et est décédée juste avant le 15eme anniversaire de la CPI. La Coalition pour la Cour pénale internationale lui rend hommage.

Simone Veil était une figure inspirante dont l'impact mondial a laissé une marque permanente dans l'histoire des droits de l'Homme. Ce n'est pas seulement son histoire personnelle en tant que survivante de l'Holocauste qui lui a valu une telle admiration, mais aussi et avant tout sa lutte pour un monde plus juste pour les victimes et les survivants de crimes graves, et pour les femmes dans leur ensemble. Mme Veil est décédée à 89 ans la semaine dernière à Paris.

Après avoir joué un rôle dominant dans le droit et la politique en France, notamment dans le cadre de la légalisation de la contraception et de l'avortement pendant son mandat de Ministre de la Santé, puis comme présidente du Parlement Européen, Mme Veil a été la première présidente du Conseil de direction du Fonds au profit des victimes (FPV) de 2003 à 2009 afin de mettre en place, selon ses propres mots, « une institution qui sert efficacement les intérêts des victimes ».

Le FPV est né de la création de la Cour pénale internationale le 1er juillet 2002, date de l'entrée en vigueur du Statut de Rome. Mme Veil a reconnu l'importance unique du mandat du FPV, qu'elle décrivait comme « une avancée remarquable dans la prise en compte des besoins des victimes, qui ne peuvent être satisfaits que par les jugements de la Cour contre les responsables des crimes les plus graves ».

Simone Veil était extremement engagée dans la mission du FPV visant à soutenir et à mettre en œuvre des programmes et des indemnisations qui répondent aux dommages causés aux victimes par le génocide, les crimes contre l'humanité et les crimes de guerre. Mme Veil représentait une voix forte qui appuie ceux de la société civile qui aujourd'hui encore demandent à tous les gouvernements de faire des contributions volontaires au FPV afin de pouvoir réhabiliter de façon significative les victimes de crimes horribles.

Au nom du Conseil de direction actuel du FPV, le président Motoo Noguchi a déclaré : « Madame Veil a inspiré de nombreuses générations de défenseurs des opprimés et des laissés pour compte. Son expérience personnelle en tant que survivante de l’Holocauste, sa force morale et ses réalisations professionnelles d’avant-garde ont fait de son élection au premier Conseil de direction du Fonds et de sa nomination en tant que première Présidente, l’expression la plus éloquente de l’ambition sans précédent affichée par le Statut de Rome, à savoir reconnaître la souffrance des victimes et, en particulier, leur droit de surmonter les préjudices subis et de retrouver dignité et espoir. Dans nos efforts visant à poursuivre la construction et la promotion du Fonds en tant que figure phare d’une justice ayant des vertus réparatrices pour les victimes à l’échelle mondiale, nous, les membres actuels du Conseil de direction, sommes plus conscients que jamais de son héritage».

« Aujourd'hui, nous avons perdu une figure majeure dans la poursuite de la justice, des droits des femmes et de l'égalité », a déclaré Jelena Pia-Comella, directrice exécutive adjointe de la Coalition pour la Cour pénale internationale. « Simone Veil a joué un rôle persistant et cohérent, non seulement en donnant la parole aux victimes de génocide, notamment grâce à sa contribution à la Cour pénale internationale et au Fonds au profit des victimes, mais aussi en faisant la promotion des droits des femmes, de la justice de genre et de la consolidation de la paix en Europe. »

Comme l'a écrit le journal français Le Monde, Simone Veil « incarne – à sa manière – les trois grands moments de l’histoire du XXe siècle : la Shoah, l’émancipation des femmes et l’espérance européenne ».

Avec le décès de Mme Veil à la veille du 15ème anniversaire de la CPI, son histoire sera de nouveau sous les projecteurs avec la commémoration par les activistes des droits de l'Homme et de la justice de genre des 15 ans de lutte permanente contre l'impunité. Son héritage, cependant, demeurera pour toujours.

Téléchargez la déclaration intégrale de la Coalition