Les morts augmentent dans la guerre de Duterte contre la drogue | Les abus persistent au Burundi

La société civile demande la fin au massacre et la justice pour les civils philippins.© AP Photo/Bullit Marquez

Les morts augmentent dans la guerre de Duterte contre les drogues

La semaine dernière fut une des plus sanglantes dans la guerre du président Rodrigo Duterte contre la drogue aux Philippines ; les raids de la police ont laissé plus de 90 personnes mortes et le président a renouvelé son avertissement d’une force de police mortelle contre tous les militants des droits de l’homme qui protestaient contre sa campagne antidrogue. Cela a incité les membres de la société civile mondiale à réaffirmer l’importance de protéger la vie civile dans le pays. Plus de 12 500 personnes ont été tuées depuis que Duterte a pris ses fonctions en juin 2016.

Le directeur adjoint de Human Rights Watch, Phelim Kine, a appelé directement le président de l’État membre de la CPI à rétracter ses remarques, de peur que d’autres violences ne se produisent. Le directeur de la campagne d’Amnesty International, Michael Hayworth, a souligné le rôle des gouvernements à s’exprimer et à aider à mettre fin à la violence et à garantir la justice : « Le gouvernement australien, ainsi que d’autres gouvernements de la région, peut envoyer un message fort et clair au président Duterte selon lequel ce genre de comportement, ces meurtres sont totalement inacceptables ».

 

Aucune amélioration des droits de l’homme au Burundi 

Alors que le Conseil des droits de l’homme de l’ONU (UNHRC) se prépare à faire son évaluation le mois prochain sur la question de savoir si les meurtres, les tortures et les enlèvements, parmi d’autres abus prétendument commis au Burundi, constituent des crimes internationaux, la Commission d’enquête de l’ONU sur la situation cette semaine a rapporté que les violations des droits de l’homme n’ont montré aucun signe d’amélioration, y compris contre les défenseurs des droits de l’homme.

Le chef de la Commission des Nations Unies, qui présentera ses conclusions à la UNHRC, a déclaré : « À ce jour, les principaux dirigeants du parti de l’opposition ainsi que de nombreux journalistes et autresmembres de la société civile sont toujours en exil, certains faisant l’objet de mandats d’arrêt internationaux émis par les autorités burundaises. Il y a des rapports continus de disparitions. Des cadavres sont encore régulièrement découverts. »

Pierre-Claver Mbonimpa, un militant burundais des droits de l’homme, a noté la prévalence du langage incendiaire dans la situation, en soulignant en particulier la rhétorique de l’État qui oppose les partisans de ceux qui protestent contre la constitutionnalité du troisième mandat actuel du président burundais. La violence liée à la réélection du président Pierre Nkurunziza en 2015 fait l’objet d’un examen préliminaire en cours de la CPI au Burundi.

 

Enquêtes de la CPI

Libye : L’armée nationale libyenne a déclaré avoir arrêté Al-Werfalli suite à son mandat d’arrêt de la CPI. Ils n’ont encore donné aucune indication quant à savoir s’il sera remis à la CPI.

Ouganda : L’UE a doublé son financement pour les communautés de réfugiés sud-soudanais. Cela fait suite à l’actualité selon laquelle le nombre de réfugiés à Kampala a dépassé la barre d’un million.

Kenya : Trois civils ont été décapités et plusieurs foyers ont été incendiés par des militants al-Shabaab dans le comté de Lamu. Cette attaque suit plusieurs autres incidents connexes dans la région. 

RCA : Le gouvernement envisage de tenir d’autres négociations de paix avec les factions rebelles, mais Human Rights Watch et d’autres organisations de défense des droits de l’homme ont exprimé de vives inquiétudes quant à la détérioration rapide de la situation sécuritaire du pays.

 

Examens préliminaires de la CPI

Palestine : Les fonctionnaires ont déclaré que l’Autorité palestinienne reprendrait sa campagne pour être reconnue par des agences et institutions internationales et poursuivrait des réclamations contre Israël à la CPI, quel que soit le résultat des efforts de l’administration Trump de commencer des pourparlers de paix avec Israël.

Afghanistan : Une enquête de l’ONU a confirmé qu’une attaque meurtrière à Mirzawalang par les insurgés talibans et IS au début du mois pourrait constituer un crime de guerre. La MANUA a vérifié des allégations d’au moins 36 décès.

 

Campagne pour la Justice Globale

L’ONG AfriForum a promis de continuer à se battre pour la justice suite à la décision de l’Afrique du Sud d’accorder l’immunité diplomatique à Grace Mugabe.

L’Organisation nationale de Kachin (KNO) a appelé le Gouvernement du Myanmar à ratifier le Statut de Rome de la CPI et exhorte les pays sous la juridiction de la CPI à accroître la pression pour que cela le fasse.

L’auteur américain Bryan Stevenson a prévu la construction d’un mémorial à la paix et à la justice en Alabama. Six hectares de terres appartenant à l’initiative Equal Justice incarneraient les 4 000 victimes du « lynchage de la terreur raciale » dans le Sud américain.

 

Autour du monde

Serbie : La ministre des Affaires étrangères, Ivica Dacic, a demandé à l’ONU de permettre aux citoyens serbes condamnés pour crimes de guerre de purger leur peine en Serbie, en raison de « conditions inhumaines » présumées ailleurs.

Turquie : Huit défenseurs des droits de l’homme et deux consultants ont été arrêtés et détenus dans l’île de Buyukada, accusés d’avoir aidé une organisation terroriste armée. Six des défenseurs des droits de l’homme sont maintenus en détention provisoire tandis que d’autres ont été libérés, mais font l’objet d’une interdiction de voyager.

Argentine : Des groupes de la société civile ont menacé de se retirer des discussions sur le développement durable à Buenos Aires à cause d’inquiétudes selon lesquelles les gouvernements en négociation refusent les garanties en matière de droits de l’homme. Des représentants de 24 pays d’Amérique latine et des Caraïbes ont participé aux discussions.