#Globale Justice Hebdo - Les civils en danger à Kirkouk |Escalade de violence en Centrafrique

Les Kurdes déplacés de Kirkouk par le conflit en cours entre l'Irak et la région du Kurdistan protestent devant l'ambassade américaine à Erbil. Photographie : Elizabeth Fitt / Rex

Les civils en danger à Kirkouk

Un responsable kurde a déclaré que 400 civils avaient été tués à Kirkouk et que 200 autres sont portés disparus après une incursion militaire de l’armée irakienne lancée sur la ville le 16 octobre par le chiite Hashd al-Shaabi, soutenu par l’Iran.

Des dizaine de milliers de civils ont fui Kirkouk par crainte de la persécution depuis que les forces armées irakiennes ont repris la région pétrolière suite à un référendum sur la sécession kurde rejeté par le gouvernement fédéral irakien.

« Il nous est arrivé beaucoup de choses - nous n’avons plus nos maisons à présent. Nous ne savons même pas si nous avons un toit et des affaires » a déclaré Fauziah Hakim Ahmad, une femme de 67 ans qui a fui Kirkouk. « Depuis que je suis enfant, je n’ai jamais connu le bonheur. C’est une guerre après la guerre ».

Le Haut Comité de l'ARK, chargé d'évaluer et de répondre aux rapports internationaux, a déclaré « qu’il allait continuer à exhorter la communauté internationale à faire face à la crise humanitaire de Kirkouk » et que « les unités de mobilisation populaire ont perpétré des actes illégaux contraire aux règles de la constitution nationale. Des tentatives délibérées ont été faites pour modifier la démographie des régions en déplaçant de force les Kurdes de leurs zones de résidence d’origine et en empêchant les personnes déplacées de regagner leur région ».

Le Conseil de sécurité de l’ONU a exprimé son inquiétude à propos des violences, et appelé tous les partis à « s’abstenir de recourir à la menace et à l’usage de la force pour engager un dialogue constructif ».

Amnesty International a également fait part d’au moins onze décès civils lors d’attaques à l’aveugle, d’incendies criminels, et de pillages dans les zones à majorité kurde de la ville de Tuz Khurmatu à 65 km au sud-est de Kirkouk lorsqu’elle a été reprise par le gouvernement irakien le mois dernier.

Les Nations-Unies et Human Rights Watch ont rapporté des morts civiles, des incendies volontaires et des déplacements forcés, principalement à l’égard des Kurdes, à Kirkouk et à Tuz Khurmatu.

 

Le Secrétaire général des Nations-Unies en RCA alors que les violences s’exacerbent

Le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est rendu à Bangassou en République Centrafricaine, l’une des régions les plus affectées par l’augmentation des violences. Presque 2000 personnes sont actuellement accueillies dans un camp de réfugiés après une dramatique intensification des conflits entre les groupes armés ces derniers mois.

« La situation est très tendue et la violence peut s’intensifier n’importe quand » a précisé l’organisation humanitaire Médecins sans frontière. « Les gens ont développé des problèmes psychologiques. On nous parle de blessés qui ont peur de se rendre à l’hôpital par crainte d’être attaqués en chemin ».

« La visite du Secrétaire général de l’ONU en Centrafrique doit servir de sonnette d’alarme à l’ensemble de la communauté internationale. Il est encore temps d’éviter au pays de sombrer dans l’abîme à laquelle la population avait espéré échapper » a déclaré Eric Batonon, directeur du Conseil norvégien pour les réfugiés.

« Le nombre de civils tués en République centrafricaine en 2017 est alarmant et beaucoup sont privés de protection dans plusieurs régions du pays » a souligné Lewis Mudge, chercheur à Human Rights Watch. « Le Conseil de sécurité devrait donner à la mission les moyens dont elle a besoin pour protéger les civils, dont les troupes suffisantes pour répondre à la résurgence des violences qui menacent les civils et pour protéger les camps de personnes déplacées ».

 

Enquêtes de la CPI

RDC : L'ONU a déclaré que des centaines de milliers d’enfants de la région du Kasaï allaient mourir de faim dans les mois à venir sans une aide alimentaire d’urgence. 1,4 millions de personnes ont été déplacées l’année dernière après l’éclatement des affrontements entre le groupe armé Kamwina Nsapu et les forces de sécurité.

Kenya : Des policiers lourdement armés utilisent illégalement la force contre des manifestants et des passants de la ville de Kisumu dans l’Ouest du pays. Cela semble être une campagne pour punir les habitants qui continuent à protester contre les élections chaotiques la semaine dernière.

Libye : Le gouvernement d'accord national a déclaré que 36 hommes, dont les corps avaient été retrouvés à côté d'une route près de la ville de Benghazi, ont été tués dans un acte terroriste.

 

Les enquêtes préliminaires

Colombie : Human Rights Watch a demandé à l’Organisation de coopération et de développement économique d’examiner la réponse inadéquate du gouvernement colombien à la longue crise alimentaire en cours. Les communautés autochtones Wayuu de La Guajira font face à une malnutrition extrême.

Palestine : Les groupes armés ont juré de répondre à l’attaque d’Israël contre un tunnel dans la ville de la Bande de Gaza dans le sud du pays, qui a fait au moins sept morts et neuf blessés.

Afghanistan : Amnesty International a appelé les authorités afghanes à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour protéger les civils des attaques des groupes armés suite à une vague d’attaques visant délibérement les civils.

 

Campagne pour la justice mondiale

La présidente de la CPI, Silvia Fernández de Gurmendi, s’est adressée à l’Assemblée générale des Nations-Unies en appelant à renforcer la coopération avec la Cour et à des efforts concertés pour enquêter et poursuivre les crimes internationaux à tous les niveaux.

Budimir Ivanisevic, directeur exécutif du Centre législatif humanitaire (CLH) en Serbie, a déclaré que « le CLH se bat pour la justice, qui est d’une importance cruciale vu le manque de volonté politique évident dans les Etats de l’Ex-yougoslavie ».

L’ancien président de la CPI, Luis Moreno Ocampo, a répondu des allégations à son égard, déclarant : « ce n’est pas seulement ma réputation qui est visée, il est aussi question de diviser et de jeter la confusion auprès de ceux qui supportent la Cour pénale internationle qui a été créée pour rendre justice aux milliers de victimes des crimes contre l’humanité ».

 

Autour du monde

Les activistes sri-lankais ont appelé à une action concertée pour mettre en oeuvre les recommandations de l’ONU afin de faire face à l’héritage de la guerre civile, y compris la nécessité d’enquêter sur les allégations d’abus perpétrés par les membres tamouls des Tigres.

L’opération militaire conjointe russo-syrienne a mené des frappes aériennes illégales ces dernières semaines, qui ont tué des civils pris au piège dans le nord de la Syrie. Les preuves recueillies par Human Rights Watch indiquent que certaines des attaques ont frappé des marchés et des zones résidentielles peuplées.

L' Union européenne a annoncé qu'elle avait alloué la somme de 430 millions d'euros à la sécurité et à la consolidation de la paix en Afrique de 2014 à 2020.